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Mobilité Erasmus+ PJM en Irlande : l’Unaf et des Udaf se sont rendues à Dublin

Une mobilité Erasmus+, organisée à Dublin, consacrée aux enjeux de protection juridique des majeurs, s’est déroulée du 4 au 7 mai 2026, avec les Udaf 11, 31, 46, 65, 66, 81, 82 et 87, l’Asfa ainsi que l’Unaf représentée par Agnès Brousse et Isabelle Lelong (Service Qualité, Actions et Protection des personnes). Cette mobilité s’inscrit dans un contexte européen marqué par une évolution importante de la réflexion et des pratiques professionnelles, autour de la Convention internationale relative aux droits des personnes handicapées (CIDPH).

Une mobilité Erasmus+, organisée à Dublin, consacrée aux enjeux de protection juridique des majeurs, s’est déroulée du 4 au 7 mai 2026, avec les Udaf 11, 31, 46, 65, 66, 81, 82 et 87, l’Asfa ainsi que l’Unaf représentée par Agnès Brousse et Isabelle Lelong (Service Qualité, Actions et Protection des personnes)

Cette mobilité s’inscrit dans un contexte européen marqué par une évolution importante de la réflexion et des pratiques professionnelles, autour de la Convention internationale relative aux droits des personnes handicapées (CIDPH), en particulier autour des dispositions suivantes :

Plusieurs temps de travail, visites institutionnelles et rencontres avec des professionnels et des bénévoles ont permis d’engager une première analyse du modèle irlandais, développé autour du service public « Decision Support Service » (DSS) et créé dans le cadre de « l’Assisted Decision Making Capacity Act ».

Les échanges engagés à Dublin montrent que ces sujets dépassent aujourd’hui le seul champ juridique et interrogent plus largement les pratiques professionnelles, l’organisation des services, la participation des personnes concernées, la place des familles et de l’entourage, la coordination entre les différents secteurs social, médico-social, sanitaire et judiciaire.

Les temps de travail ont permis d’aborder le changement de paradigme porté par la CIDPH autour des notions de capacité juridique, de volonté et de préférences de la personne, dans une approche fondée sur les droits humains et la participation effective des personnes concernées.

Les échanges ont également porté sur des alternatives aux logiques de décision substituée : “supported decision making”, « cercles de soutien », « réseaux communautaires » par exemple.

La rencontre avec les équipes du DSS « Decision Support Service » a permis de mieux comprendre les fondements juridiques et éthiques du modèle irlandais de soutien à la décision, ainsi que les différents dispositifs prévus par l’Assisted Decision Making Capacity Act (ADMCA) depuis 2015.

Ont été discutées, creusées et illustrées : les notions de volonté, préférences, l’évaluation fonctionnelle de la capacité, les mécanismes d’enregistrement des accords, les modalités de supervision ainsi que les garanties mises en place pour prévenir les abus.

Des études et analyses de cas pratiques ont permis d’observer concrètement les procédures administratives, les outils de contrôle et les modalités de suivi mobilisés par les équipes du DSS.

Les échanges ont également permis d’aborder les modalités de financement des différents dispositifs de soutien à la décision.

Le financement des dispositifs varie selon le niveau de soutien mis en place. Les deux premiers niveaux reposent principalement sur des proches ou personnes de confiance intervenant à titre bénévole.

Les premières rencontres ont ainsi permis d’identifier plusieurs éléments particulièrement structurants dans l’organisation irlandaise :

La visite et les échanges avec la « National Federation of Voluntary Service Providers » ont permis de mieux identifier les transformations engagées depuis la loi ADMCA de 2015, les évolutions conceptuelles et culturelles observées dans les pratiques professionnelles. En Irlande, la notion d’auto-représentation (“self advocacy” ou “self representation”) progresse.

L’idée centrale, très liée à l’approche portée par la CIDPH, est que les personnes concernées doivent pouvoir :

Il ne s’agit donc pas simplement “donner la parole”, mais reconnaître la personne comme actrice des décisions et experte de son vécu.

Les échanges ont également mis en lumière les freins et le chemin à parcourir pour renforcer la capacité à agir par elles-mêmes des personnes handicapées. Plusieurs difficultés concrètes de mise en œuvre de ce modèle ont été soulevées :

Les professionnels irlandais ont néanmoins insisté sur plusieurs principes structurants du modèle :

En conclusion

Le programme Erasmus + présente un intérêt particulièrement opérationnel, dans la mesure où il repose non seulement sur des apports théoriques et juridiques, mais également sur des études de cas, l’analyse de procédures concrètes, des échanges avec les équipes de supervision et des visites de structures partenaires.

Les travaux engagés permettent d’identifier certains outils ou méthodes susceptibles d’alimenter la réflexion et la pratique en France autour de la reconnaissance dans la société et de l’accompagnement des personnes majeures en situation de vulnérabilité.

Cette mobilité permet ainsi d’identifier plusieurs enjeux qui interrogent directement les réflexions françaises actuelles autour de la protection juridique des majeurs : articulation entre protection et autonomie, place et besoins des proches et des soutiens informels, évolution des pratiques professionnelles, diversification des réponses d’accompagnement, outils de supervision et coopération entre institutions.

Sans transposition directe des modèles observés, ces échanges constituent un matériau de réflexion particulièrement précieux.

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