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Actions des banques contre les violences économiques : l’Unaf présente les résultats de son enquête et ses préconisations

Le 27 janvier 2026, l’Unaf a présenté les résultats de son enquête sur les actions des banques contre les violences économiques et ses préconisations, à l’occasion d’une réunion du Comité consultatif du secteur financier dédiée au sujet.

L’Unaf s’est emparée, en 2025,du sujet des violences conjugales dans leur dimension économique, d’abord en sensibilisant le réseau des Udaf, et en questionnant le rôle des banques dans la prévention et la lutte contre les violences économiques.

Le 27 janvier 2026, l’Unaf a présenté les résultats de son enquête sur les actions des banques contre les violences économiques et ses préconisations, à l’occasion d’une réunion du Comité consultatif du secteur financier dédiée au sujet.

Une dynamique encourageante

En octobre 2025, l’Unaf a adressé aux dirigeants des six groupes bancaires de la Place bancaire française ainsi qu’à la Fédération Bancaire Française (FBF) un questionnaire sur leur stratégie et leurs actions contre les violences économiques conjugales. L’ensemble des groupes ont répondu ainsi que la FBF. Les résultats démontrent une dynamique très encourageante.

La quasi-totalité des groupes bancaires sont engagés ou commencent à s’engager contre les violences économiques et conjugales, avec différents niveaux de maturité. Nous distinguons trois groupes : le premier est celui des pionniers, et des banques qui ont une approche intégrée de la problématique ; le deuxième groupe est celui de ceux qui observent les initiatives locales, et s’interrogent sur la construction d’une offre nationale ; la dernière catégorie est celle de ceux qui n’expriment pas d’intérêt à ce jour, en tout cas s’agissant du traitement de leurs clients.

Deux actions réplicables déjà largement déployées

L’Unaf a identifié deux actions réplicables, et déjà largement déployées :

·       L’ouverture de compte en urgence pour les victimes de violences conjugales fuyant leur conjoint

Quand on fuit des violences conjugales, on doit très rapidement poser des bases pour assurer sa sécurité avec un endroit où loger et de l’argent pour subvenir à ses besoins et à ceux de ses enfants. Disposer de son propre compte bancaire est un préalable à la vie loin de son ex conjoint violent. Ce besoin, identifié par les associations accompagnant les femmes victimes, a été entendu par plusieurs banques qui ont développé une offre dédiée : Crédit Mutuel Alliance Fédérale, LCL, La Banque Postale, des caisses d’Epargne et Banque Populaire.

·       La formation de l’ensemble des collaborateurs

Trois groupes bancaires ont perçu que la formation obligatoire de l’ensemble des collaborateurs était un incontournable pour être un acteur de la lutte contre les violences économiques. Le premier à avoir développé cette action est BNP Paribas. Ces actions font écho à la recommandation n° 7 du rapport d’information de la Délégation aux droits des femmes de l’Assemblée nationale, rédigé en 2021 par la députée Marie-Pierre Rixain. Le rapport recommandait déjà d’Inclure des modules de formation aux violences économiques pour les acteurs de la gestion quotidienne du patrimoine des couples.

Les actions souhaitables à mettre en œuvre

Dans la dernière partie de son questionnaire, l’Unaf a sollicité l’avis de chaque groupe bancaire sur les actions souhaitables à mettre en œuvre. Il apparaît qu’une majorité des groupes estiment souhaitables la diffusion d’éléments de pédagogie financière, la formation de l’ensemble des salariés, et l’ouverture d’un compte en urgence pour les victimes de violences conjugales. Il apparaît souhaitable de travailler autour du compte joint et de l’endettement contraint à une minorité des répondants seulement.

Pour l’Unaf, il serait remarquable que l’ensemble des banques françaises puissent à moyen terme proposer une offre d’ouverture de compte bancaire en urgence pour les victimes de violences conjugales mais également former l’ensemble de la chaîne de leurs conseillers pour détecter et orienter.

L’Unaf salue le mouvement engagé par des banques et souhaite désormais qu’il se généralise à l’ensemble de la place bancaire  à l’instar des banques britanniques qui se sont engagées, dès 2021, à lutter contre les « abus financiers » avec l’adoption par UK Finance du Financial Abuse Code.

Sur le compte joint, il nous semble important d’investiguer et de consulter les parties prenantes sur les risques et avantages associés au fonctionnement actuel du compte joint. Signe de l’importance de mener cette réflexion,  une étude réalisée récemment par MoneyVox atteste en effet que  59% des personnes en couple possèdent un compte joint avec leur partenaire. Parmi elles, plus de la moitié choisit d’y regrouper l’intégralité des revenus du couple. 25% des personnes en couple ne possèdent pas de compte bancaire personnel. Or, en se penchant sur les conditions générales associées aux produits et services bancaires, on observe des règles liées au compte joint qui méritent d’être questionnées : à ce jour, quand un cotitulaire est informé par la banque, la banque estime que l’autre l’est également quel que soit l’évènement considéré ; de la même façon, quand un cotitulaire acte une décision concernant le compte (procuration donnée à un tiers, relèvement du découvert autorisé, mise en place d’un prélèvement automatique, etc.), la banque considère par défaut que la décision est partagée. Questionner ces pratiques est aujourd’hui nécessaire autour de la nécessité à minima de mieux sécuriser les canaux de transmission de l’information délivrée aux co titulaires du compte.

Enfin, nous pourrions engager une réflexion collective sur deux autres sujets : l’endettement contraint et les produits assurantiels.

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Crédit Image : Baromètre des violences économiques, réalisé par Les Glorieuses & Oseille et compagnie (novembre 2023) dans le cadre de la première étude chiffrée sur violences économiques. Pour en savoir plus : le site internet